Five favs (avril-juin 2019)

Certes, je n’ai rien publié depuis un long moment mais j’en ai des choses à vous raconter… Mes nombreuses listes et mes brouillons regorgent d’idées que je dois partager avec vous. Mais en attendant le retour des grandes enquêtes de taanu.fr, nous allons nous remettre dans l’humeur de la maison en énumérant les petites choses agréables de ces derniers mois, en commençant par le printemps 2019.

Le soutien-gorge sans armatures

Comme je suis un peu hippie dans l’âme et que je finirai peut-être ma vie en élevant des animaux et en cultivant des légumes à Kak’moeka, je devais, après avoir planté des tomates et trier mes déchets bio, trouver une solution pour me débarrasser de cette torture personnelle qu’est le soutien-gorge. Mais, parce que nous vivons dans une société où l’on considère que seules les femmes aux petits seins ont le droit de vivre sans ce sous-vêtement (mais seulement si les hommes ne peuvent deviner leurs mamelons), il était nécessaire de trouver une solution entre brûler symboliquement cet outil d’oppression et éviter les regards torves dans l’espace public mais aussi accepter que la sensation des eins qui se baladent librement n’est pas toujours agréable… Ces critères en tête, la solution à tous mes maux était trouvée : le/la (?) bralette, il parait que c’est comme ça qu’on appelle les soutiens-gorge sans armature ou les brassières du XXIᵉ siècle.

On ne va pas refaire l’histoire de la mode en expliquant comment ce sous-vêtement et son nom sont devenus incontournables pour les marques de lingerie : Coachella, la Californie, les Insta girls, blablabla. Quoiqu’il en soit, il est devenu beaucoup plus aisé de trouver des modèles et des tailles variés. Mais comme le monde n’aime pas les femmes et que la lingerie (féminine) est chère, j’ai fait un tour sur savagex.fr (on est dans la Navy ou on ne l’est pas) pour commander mes premières ou premiers bralettes et depuis ma vie a changé… ou presque. Je n’allais quand même pas jeter tous mes soutiens-gorge onéreux pour les remplacer par des brassières ! On va continuer à souffrir un peu, toute la journée et à les retirer dès qu’on est de retour chez soi, quelque soit la pièce où l’on se trouve (le lieu le plus improbable pour moi a été dans la cuisine). Et en attendant d’avoir les moyens de m’équiper chez Sabbia Rosa ou Fifi Chachnil, je vis ma meilleure vie moins chère avec la formule «2 pour 29 euros» pour les membres VIP Savage X Fenty.

En effet, le premier souci du site est que pour profiter des prix les plus intéressants, il faut souscrire à une sorte d’abonnement mensuel où l’on est automatiquement crédité d’une cinquantaine d’euros si l’on oublie de passer son tour. Votre copine qui est tête en l’air là… Bref. L’autre problème, plus important pour moi, est l’origine (et la matière) des sous-vêtements. C’est cheap, c’est fabriqué en Chine et c’est de la fast fashion. Mais, d’un autre côté, des marques qui nous vendent, à des prix indécents, la French touch suivent les mêmes circuits so 🤷🏽‍♀️. Pour finir, la marque de lingeRIH (hahaha) nous offre, depuis le lancement de la collaboration entre Miss Fenty et Tech Style Fashion Group (qui fonctionne un peu comme Kendo et possède aussi Fabletics, la marque de pantalons de yoga « glamour » de Kate Hudson), une représentation inédite à ce jour. Encore une fois, Rihanna a chamboulé le game avec une proposition plus inclusive, forçant les autres marques à se mettre peu à peu à la page. Mais comme toujours, à la fin, c’est le capitalisme qui gagne…

Victoria’s Secret who?

La magie du bissap

Je n’étais pas sure de vouloir en parler parce que la gentrification du bissap est rampante et parce que je ne souhaite pas contribuer à cette escroquerie mais je sais qu’on est entre personnes de confiance donc je peux vous confier mes secrets sans que vous ne les dévoiliez à votre cousine Léonie qui adooore la déco ethno-chic. Oui, nous sommes en octobre, oui le soleil et la chaleur semblent être des rêves lointains mais souvenez-vous qu’au début de l’été nous avons connu une canicule. Et qui dit fortes chaleurs, dit jambes lourdes pour Bibi : un nouveau problème, une nouvelle solution à trouver. Comme j’avais lu quelque part que le bissap était bon pour la circulation et d’après mon analyse du rayon « tisane », les végétaux rouges (vigne rouge, cassis, myrtille, aubépine) font toujours partie des cocktails de décoctions améliorant la circulation et/ou rendant les jambes plus légères, j’ai tenté les infusions de bissap (sans sucre). Je ne vais pas jouer à l’influenceuse qui promeut des laxatifs en faisant croire que c’est le secret de son ventre plat après ses trois grossesses, parce que, premièrement, je n’en ai pas l’audience puis je n’ai jamais été enceinte et enfin, je n’ai pas le ventre plat… Mais, je vais quand même faire la meuf que les médecins détestent : celle qui fait des recherches sur internet pour s’assurer de ne pas dire des bêtises ou de ne pas rester dans l’ignorance.

Donc en direct de google, voici ce qu’on nous dit sur le bissap et qui pourrait expliquer l’apaisement de mes sensations de lourdeurs et de celles de ma mère (que j’ai mise dans la sauce) durant les fortes chaleurs de juin. Pour commencer, un tour sur doctissimo, notre ami ou presque car l’un des cofondateurs, Laurent Alexandre, est un vieux type qui aime insulter les jeunes filles de seize ans parce qu’elles sont sur le devant de la scène, qui est adepte de la théorie du grand remplacement et en plus qui semblerait être un pote d’Alain Madelin. Anyyyway, on est sur doctissimo où l’on nous explique que pour prévenir les jambes lourdes, il est bon de consommer, entre autres, des aliments riches en « substances antioxydantes, telles que la vitamine c et les flavonoïdes» c’est-à-dire les agrumes mais aussi les fruits rouges (donc l’histoire de la couleur rouge, ce n’est pas que dans ma tête) riches en « anthocyanes, ces polyphénols [les flavonoïdes] vont améliorer la perméabilité des capillaires sanguins » donc j’imagine que c’est bien… À présent, observons ce qui est dit sur l’hibiscus sabdarrifa, nom scientifique de la plante qui permet de créer le nectar que nous appelons communément le « bissap ».

On apprend grâce à Wikipedia, que le nom courant de cette plante, en français, est « oseille de Guinée » (ou « roselle ») car ce végétal en serait probablement originaire avant de se répandre dans le reste de l’Afrique de l’Ouest. Elle est aujourd’hui cultivée dans de nombreuses régions tropicales et consommée, principalement sous forme d’infusion froide, de l’Afrique aux Caraïbes, de l’Amérique centrale, où on l’appelle agua de Jamaica à l’Asie, où se trouvent les premiers producteurs d’hibiscus sabdarrifa (la Chine et la Thaïlande). Si le calice est la partie la plus utilisée de la plante (en infusion mais aussi comme colorant naturel), dans les territoires Kongo, les feuilles sont également appréciés pour leur goût acidulé, proche de l’oseille. Mais tout ceci ne nous aide pas à comprendre l’action du bissap sur mes jambes lourdes… C’est en cliquant sur les notes de bas de page de l’encyclopédie libre et gratuite que l’on découvre un article du département d’horticulture de l’Université de Purdue (Indiana) fort utile. En effet, on y apprend que le calice séché contient un taux intéressant de flavonoïdes (les fameux antioxydants recommandés par doctissimo) et qu’en médecine dite traditionnelle, la roselle est utilisée entre autres, pour ses propriétés diurétiques et hypotenseurs mais également pour combattre la gueule de bois. Nos plantes ont du talent.

Wilmer, Patoranking

Je suis choquée que cet album n’ait pas été plus hypé ! On y trouvait au moins trois potentiels sons de l’été mais nous avons préféré attendre le Hot Girl Summer qui n’est jamais venu… Avant d’évoquer rapidement l’album, parlons d’abord de l’artiste. Patrick Nnaemeka Okorie alias Patoranking est un des énièmes chanteurs nigérians ayant cannibalisé la musique d’Afrique noire. Si la musique congolaise a longtemps été reine en Afrique noire, depuis une décennie, c’est la scène nigériane et anglophone qui est reine. Leur mélange, entre afrobeat, reggae-dancehall, hip hop mais aussi, parfois, soukouss et kwassa-kwassa ou encore pop, a envahi les charts sous le nom d’afrobeats. Pour en revenir à Patoranking, il est surtout connu pour son duo avec Wandecoal « My Woman, My Everything » et illustre bien, avec ce nouvel album, cette fusion musicale qui fait le succès international de la musique nigériane mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

En ce qui concerne Wilmer, son deuxième album, il doit son nom à la fille de l’artiste qui est venue au monde alors qu’il était en plein enregistrement, en 2018. Patoranking a confié au site okayafrica.com que cette naissance a changé la perspective de son album, l’ambiance de l’enregistrement et la visée de son écriture. Le chanteur nigérian explique que la joie d’être père a insufflé un sentiment plus positif à son album. Et en effet, j’ai surement apprécié l’album car nous étions au début de l’été, donc à l’approche des vacances, donc j’étais de meilleure humeur et plus ouverte à cette forme musicale mais aussi parce que j’ai besoin, le matin, pour me réveiller, de musiques entrainantes. Et en l’écoutant une première fois, j’ai été surprise de ne pas tomber dans la tentation de passer des chansons au bout de trente secondes. Chaque morceau me semblait différent du précédent donc j’étais tentée d’écouter ce qui en faisait la particularité.

Mais ce que j’ai apprécié à la première écoute a été reproché à Patoranking par certains : une absence de cohérence, une faiblesse dans la production, la volonté de plaire au plus grand nombre en mêlant différents styles sans vraiment les maitriser ou du moins les exécuter avec sérieux. Et c’est vrai qu’aux écoutes suivantes, on se dit qu’il manque une petite saveur ici et là, notamment sur « Lenge Lenge » qui est un hommage à l’afrobeat de Fela, mais globalement, on s’enjaille. Pour faire une synthèse, je dirai que sur la douzaine de chansons, il n’y en a vraiment que trois que je n’ai pas envie d’écouter jusqu’au bout : « Turn up », « Champion » et « Confirm ». Par contre, je pourrais écouter la moitié de l’album en repeat : « Feelings » cause I’m a sucka for reggae vibes, « Temperature » parce que c’était évident que c’était un son pour l’été et qu’il est difficile de ne pas se prendre pour une dancehall queen en l’écoutant, idem pour « Go Crazy » et « Open Fire » qui donnent envie de sauter partout en tournant un mouchoir blanc et enfin « Zéro Problème», en featuring avec Dadju et « Lenge Lenge » deux clins d’œil à des formes musicales importantes africaines. En résumé, les chansons que j’ai préférées étaient la bande-son du festival en plein air, sur la plage, qui se déroulait dans ma tête.

Maîtresse d’un homme marié

Ce titre sonne comme celui d’une telenovela sud-américaine et en effet, le concept est proche sauf que la scène se déroule à… Dakar. Maîtresse d’un homme marié, série produite par Marodi TV et diffusée sur la chaine privée 2STV ainsi que sur la chaine youtube de Marodi, a tenu en haleine des millions de spectateurs et de spectatrices au Sénégal et dans la diaspora africaine, principalement francophone. Deux fois par semaines, lorsque le calendrier était respecté, tout le monde parlait Wolof, en attendant les sous-titres… La série, dont le scénario a été écrit par la journaliste Kalista Sy, suit plusieurs personnages féminins dont le destin s’entrecroise. Marème, la fameuse « maîtresse d’un homme marié », jouée par la charismatique Halimatou Gadji ; Djalika, interprétée avec justesse par Ndiaye Ciré Bâ, son amie mariée au fuckboy suprême, frère de l’amant de Marème ; Lalla l’épouse dévouée de Cheikh, le mari parfait mais infidèle ; Racky, une jeune femme ambitieuse, employée de Cheikh, hantée par le traumatisme d’un viol subi dans l’enfance ; et enfin, Dior une jeune fille d’apparence indépendante, amie de Djalika, mais qui cache aussi de lourds secrets.

On connaissait même les pubs par cœur 😬

L’une des originalités de la série est le choix assumé de montrer avec réalisme le Sénégal d’aujourd’hui. Tout d’abord en faisant le choix de tourner en wolof alors que le public visé était beaucoup plus large, comme l’indiquent la mise en ligne sur youtube et les sous-titres en français. Ensuite, en choisissant des actrices qui représentent différentes beautés sénégalaises mais surtout s’éloignent des canons occidentaux, car quoi qu’on en dise, que ce soit dans les telenovelas sud-américaines ou dans les dramas coréens ou même dans les films de Bollywood, un seul type de femmes est mis en avant en tant qu’héroïne : celui qui se rapproche du modèle de la femme blanche. Ici, on a des femmes, qui mettent en avant la diversité et la complexité de l’Afrique contemporaine par leurs styles, leur rapport au corps et les valeurs qu’elles portent. L’autre originalité, qui fait la force de la série, est d’avoir su mêler les ficelles de la telenovela, forme qui rencontre depuis longtemps un succès incroyable en Afrique (noire), à des problématiques locales et contemporaines.

Ainsi, le scénario mêle intrigues parfois rocambolesques et interrogations sociales et morales. En effet, Maîtresse d’un homme marié soulève des questions inédites, ou du moins qui n’étaient pas exposées aussi publiquement dans la société sénégalaise (mais on peut aisément élargir à de nombreux pays d’Afrique, au vu des commentaires sous chaque épisode). Cet aspect transgressif a valu à la série des attaques et des rappels à l’ordre et aux bonnes mœurs mais en a, sans aucun doute, fait le succès international et a donné lieu à de nombreux articles de presse tentant de déchiffrer ce phénomène social. Si le thème principal de la série est celui de la place de la femme dans une société qui autorise légalement et/ou moralement la polygamie, la répudiation, les mariages forcés et qui voit d’un mauvais œil le divorce voire le célibat, le thème le plus contemporain est, sans doute, celui qui apparait en contrepoint : la gestion des troubles psychologiques et des maladies mentales. Dans la deuxième partie de la saison, de nombreux épisodes abordent l’impact des dysfonctionnements familiaux et matrimoniaux sur la psychologie des enfants, sur leur formation en tant qu’adultes et sur leur rapport au mariage. Si des maladresses persistent (pardon mais le placement de produit pour la crème éclaircissante et le psychothérapeute qui va manger chez sa patiente, c’était dur), son impact culturel et social est d’une importance inégalable.

Homecoming live

Le meilleur live album. Le meilleur concert à Coachella. Le pire regret de ma vie (ou presque).

Je n’ai rien d’autre à dire que signez un CDD avec Netflix pour voir ce «documentaire» et constatez ce que signifie être dévouée à sa passion et à sa culture.

Toutes ces années avant d’avoir une version complète et officielle d’ « I been on »

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