Dire adieu aux objets…

J’ai compris que j’avais passé un seuil dans mon processus de deuil le jour où j’ai accepté de commencer à jeter des objets insignifiants ayant appartenu à mon père. C’est en me regardant dans le miroir, qu’un matin j’ai compris que mon attachement aux objets ayant appartenu aux « êtres qui se sont tus » était bien futile. En effet, mon père est perpétuellement présent dans ma vie, à quoi peut donc me servir ces objets ?

Notre attachement aux objets, en bref

Il existe une importante littérature sur les liens que nous entretenons avec les objets et qui nous permet de comprendre les enjeux de ces relations : d’abord par leur aspect psychologique car les objets créent en nous un sentiment de pouvoir par ce qu’ils nous permettent de faire et contribuent à l’élaboration d’une identité par l’intermédiaire du regard que les autres posent sur ce que nous possédons ; aussi par leur aspect social car ils nous donnent un statut social, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les compliments sur nos vêtements, par exemple, nous rassurent d’autant plus qu’ils peuvent être un signe extérieur de richesse ou d’appartenance à un groupe (ce qui nourrit le consumérisme) ; enfin, les objets sont aussi une espèce de territoire que nous promenons avec nous (cf. le contenu d’un sac à main ou ce que nous emportons en voyage pour garder des repères).

Les objets qui nous entourent font partie de notre vie, ils représentent une partie de nous, entrent en résonance avec notre histoire, nos désirs.

Christine Ulivucci, psychanalyste transgénérationnelle, autrice de Psychogénéalogie des lieux de vie (Payot, 2008) citée sur le site 18h39. fr

Dans un entretien sur le site 18h39.fr, la maîtresse de conférence en marketing Valérie Guillard (Paris Dauphine) propose une catégorisation des liens qui nous lient aux objets :

  • le lien affectif qui questionne la mémoire et l’identité. Par exemple, un petit caillou, qui fait penser à quelqu’un, une rencontre,
  • le lien économique : on ne se débarrasse pas d’un objet qui a coûté cher, alors qu’il ne vaut plus rien maintenant (nous ne sommes pas ici dans la spéculation),
  • le lien social : on garde dans le but de donner l’objet à quelqu’un. On se dit par exemple : «quand mes enfants partiront, ils le prendront», sauf qu’en général, les enfants n’en veulent pas.
  • le lien instrumental, avec sa formule : «ça peut toujours servir». Cela concerne les gens qui croient qu’un jour, ils en auront l’utilité, alors que c’est très rare.

Dans une conférence à l’université Paris Dauphine en 2015, celle-ci explique bien les facteurs de notre attachement aux objets en reprenant la terminologie du psychanalyste hongrois Michael Balint, à savoir d’un côté les ocnophiles et de l’autre les philobates. la psychologue Marie Boutrolle approfondit bien cela de manière aussi accessible : d’un côté la dépendance à l’objet et donc la peur de l’abandon, un comportement qui signale un manque de confiance et qui se manifeste par le besoin de toucher (les objets et les êtres) ; de l’autre côté, une distance vis-à-vis de l’objet qui n’est vu que d’un point de vue utilitaire.

Pourquoi accumulons-nous tant d’objets ? Conférence de Valérie Guillard

Le choix de renoncer aux objets ou la quête du less is happines

Aujourd’hui, une nouvelle vague autour du minimalisme, de la consommation consciente, de la décroissance se développe dans les groupes sociaux qui ont les moyens matériels et éducationnels d’y réfléchir. Elle me semble s’inscrire dans ce besoin de maîtriser toutes les étapes de sa vie qu’on voit dans toutes les tendances lifestyle façon goop. Ainsi, les différents régimes alimentaires sans x ou le retour à l’alimentation biologique ou encore la préparation en grande quantité de repas hebdomadaires dont l’objectif est contrôler ce qui se trouve dans nos assiettes puis dans notre corps (cf. aussi les cosmétiques naturels et le retours des remèdes de grand’ mère). Toute une économie se construit autour de cela et le rangement n’y échappe pas puisqu’on ne cesse de nous répéter qu’un espace rangé est le signe d’un esprit raisonné/raisonnable. Cependant, si l’on se fie aux figures de ces mouvements, on retrouve généralement la même dichotomie que celle de la société que les adeptes de ces philosophies tentent de dé foncer : aux hommes, la réflexion «philosophique» pour un développement personnel réfléchi ; aux femmes, l’obligation de créer une atmosphère sereine et heureuse pour toute la famille.

La plus connue de ces nouvelles figures du less is more est la Japonaise Marie Kondo qui a développé la méthode KonMari™ consistant à ne conserver que les objets qui éveillent de la joie en nous (spark joy). Le processus demande de jeter tout ce qui n’allume plus cette étincelle de bonheur en n’oubliant pas de marquer sa gratitude à ces objets naufragés puis à ranger les survivants de manière à ce que chaque objet ait «une chambre à lui». Il faut respecter un ordre : d’abord les vêtements puis les livres ensuite les papiers, viennent les komono (c’est-à-dire tous les objets divers qu’on retrouve dans la cuisine, la salle de bain, le garage, le salon, bijoux) et enfin les objets sentimentaux qui nécessitent une plus grande expérience dans le détachement et la capacité à faire des choix, car plus difficiles à se débarrasser. L’idée est de prendre conscience de ce qu’on possède et de ce que l’on souhaite pour sa vie et sa maison. Par contre, la spécialiste du rangement n’évoque jamais le fait de donner (peut-être que, comme moi, elle se demande ce que votre bordel apportera comme joie à quelqu’un d’autre) ce qui lui est souvent reproché. Grâce à cette méthode et au succès de son premier livre La Magie du rangement, Marie Kondo a créé une marque qui produit et vend des produits, des contenus, des services de consultant sous KonMari Media, Inc…

Dans le même mouvement de prise de conscience, on retrouve la dernière tendance à la mode sur youtube et ailleurs (allez y, faites les recherches) : le minimalisme. Celui-ci veut s’inscrire dans une dimension plus écologique et plus philosophique qui cherche à donner plus de sens à sa vie et à proposer une voie vers le bonheur à travers des vidéos et des articles créés grâce à son MacBook Pro. Si l’idée de se recentrer sur ce qui est important n’est pas nouvelle, le minimalisme du XXIᵉ siècle est beaucoup plus marchand et s’inscrit bien dans son temps car le message se construit comme autant de Ted Talks : on explique à tout le monde à quel point ce qu’on fait va changer le monde et nous changer et on fait savoir à l’univers qu’on a découvert le fil à couper le beurre le véritable sens de la vie 🙄

Le minimalisme est un style de vie dans lequel vous limitez ce que vous possédez à l’absolu minimum dont vous avez besoin pour vivre.

Fumio Sasaki auteur du livre Goodbye Things, https://usbeketrica.com/article/vivre-sans-objets-qui-sont-les-minimalistes

Bon, je suis un peu mauvaise langue mais je n’en comprends pas le désir de lire/suivre des gens qui veulent généraliser leur expérience personnelle sans vraiment prendre le temps de réfléchir aux implications plus larges de la question. Surtout, je ne comprendrai jamais le fait de s’extasier devant des discours plats et sans saveur lorsqu’on a des générations de philosophes, de sociologues, de psychologues, de spécialistes en sciences humaines qui ont offert et continuer d’offrir les outils pour construire une réflexion personnelle. De mon côté, je préfère m’intéresser à des gens qui font ça plus pour la recherche et moins pour la moula.

Le dernier mouvement invitant à réfléchir à notre rapport aux objets est le döstädning, le ménage pré mortem suédois, popularisé par l’artiste Margareta Magnusson dans son livre (encore un) La Vie en ordre. L’idée s’approche de la méthode de Marie Kondo car elle invite à ne garder que les objets qui nous rendent heureux ou qui seront utiles tout au long de la vie. Mais, dans la méthode suédoise, on trie pour éviter aux siens la charge du rangement posthume. Après avoir rangé la maison où vivait mon père, j’estime que c’est une excellente idée. Le döstädning est d’abord un travail pour et sur soi (sinon à qui va-t-on vendre les livres de développement personnel ?). L’artiste suédoise conseille de commencer dès 40 ans pour simplifier son quotidien, et comme Marie Kondo, elle propose de finir par les éléments les plus intimes comme les photos. Margareta Magnusson, elle, invite à donner de son vivant (aux enfants et autres membres de la famille). L’objectif principal de cette méthode est de se préparer à la mort et de rendre moins difficile le deuil pour celles et ceux qu’on laisse derrière nous car les objets, dans ces circonstances, peuvent être source de souffrance et de conflits. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aujourd’hui on voit naître des services des coaches en rangement après décès.

Kid Cudi « Pursuit of Happiness »

Mon rapport personnel aux objets

Je ne pense pas être une minimaliste car j’aime les objets non pas pour leur utilité mais surtout pour leurs qualités esthétiques. Mais, je ne ressens pas non plus le besoin impérieux de posséder une multitude d’objets. Je ne suis pas tentée par cette nouvelle vague de minimalisme ni par celle plus ancienne du retour à la terre lancée par Hélène et Scott Nearing… parce qu’on n’est pas venu ici pour souffrir, ok ! J’essaie d’être raisonnable avec ce que la société nous permet aujourd’hui et en réalité on sait que l’acte d’achat « spark joy » chez la plupart d’entre nous, donc pourquoi fuir ce bonheur ? Et contrairement à marie Kondo, je ne suis pas une fan du rangement depuis ma tendre enfance donc je n’ai pas vraiment la patience et les outils psychologiques pour gérer cette volonté que chaque chose ait une place même s’il m’arrive d’être dépassée par les objets accumulés jusqu’au point de la paralysie face à la charge de travail lorsqu’il s’agit de les ranger. Hashtag procrastination. Les quatre déménagements effectués ces six dernières années, ont fini de sceller le sort de mes objets moches (et inutiles). Ma volonté actuelle de me débarrasser des objets est surtout celle de ne plus ranger/nettoyer ceux-ci.

En ce qui concerne les objets ayant une histoire familiale, le processus est un peu différent car ma famille est un peu cheloue (comme beaucoup, il parait) donc j’avais un rapport légèrement obsessionnel à ces objets (mais pas trop quand même parce que chacun son orgueil). J’éprouvais donc un grand plaisir à acquérir et conserver le moindre petit objet ou papier insignifiant car je pensais qu’ils me rattachaient à une lignée dont j’ignore de nombreuses grandes et petites lignes de l’histoire. C’était vraiment le cliché littéraire de l’enfant bâtard qui veut être reconnu et qui veut tout connaitre de ses origines. Si je tenais tant à garder des objets, c’est parce que je n’ai pas partagé beaucoup de temps avec mon père et que je n’ai «hérité» d’aucun bien matériel de ma mère ou de mes grands-parents décédés (un peu de ma grand mère paternel par l’intermédiaire de mon père).

J’ai eu une relation très détachée à mes parents et je pense que je n’ai pas profité de mon droit, en tant qu’enfant et adolescente, à me plaindre de la situation. J’acceptais les bullshits des adultes avec une telle aisance même si dans ma tête je les maudissais ou les prenais pour des débiles… Il en va de même pour la relation aux objets ayant appartenu à mon père : je ne l’ai pas interrogé sur sa vie donc je me sui rabattue sur tout ce qui lui appartenait pour essayer de reconstruire un puzzle, dans mon coin et en silence. La possession de ces objets était aussi un moyen de compenser le fait que je n’aurai jamais aucun véritable souvenir de ma mère donc j’ai accumulé et récupéré tout ce que je pouvais concernant le paterfamilias : des photos d’ancêtres inconnus, des reçus de l’assurance chômage datant de la jeunesse de mon père, des livres déchirés, des carnets de notes professionnels avec des éléments indéchiffrables, des documents d’identité et même des cartes bleues !

Comportements incompréhensibles

Ainsi, au moment de la mort de mon père et pendant les années qui ont suivi, je m’accrochais accroché à tout et n’importe quoi parce que je pensais que ça me permettrait de comprendre mon histoire (mais c’était inutile donc petit conseil de vieille sage : parlez à vos parents si vous en avez la possibilité). Aujourd’hui, face à ces objets en particulier et généralement, je suis de plus en plus comme Aminata Kamissoko : «je m’en fous, je m’en moque, je m’en balle, ça m’est égal» parce qu’on va tous mourir et qu’on l’emportera pas avec nous… J’exagère un peu mais vous voyez l’idée. Je consomme de moins en moins parce qu’il faut sauver la planète mais surtout parce que j’ai enfin compris qu’on ne trouvait pas de réponse dans les objets (sauf si on est Indian Jones).

Pourquoi je dis bye bye aux objets souvenirs

Contrairement à beaucoup, je n’ai pas ressenti de liens d’obligation face aux objets récupérés ou hérités de mes ancêtres. Déjà parce que mon héritage n’était pas important mais surtout parce que je les ai pris volontairement, par désespoir, pour avoir une espèce de bouée de secours, parce que j’étais très triste et que je trouvais injuste de ne pas avoir eu le même temps que celles et ceux qui m’entouraient pour connaitre mes parents (quand on est triste, on n’est pas vraiment raisonnable). Donc le détachement soudain qui est apparu quelques années plus tard était plutôt inattendu (parce qu’il m’arrive toujours d’être en colère contre la vie de m’avoir offert ce parcours mais, heureusement pour ma santé mentale, je suis assez raisonnable).

Étrangement, ma décision de me séparer de nombreux objets ayant appartenu à mon père ou à son histoire est apparu sans réfléchir…du moins, il me semble. Un jour, en me regardant dans la glace, j’ai constaté que j’avais à la fois la tête de mon père, de ma mère, de ma grand mère paternel, de mon oncle maternel et j’ai pensé à toutes les choses immatérielles qu’ils m’ont laissées, à quel point ses éléments n’étaient pas que physique et dans quelle mesure ma différence de caractère était aussi un rejet de certaines de leurs valeurs.

Aujourd’hui la plupart des objets ayant appartenu à mon père ne font que me rappeler sa mort et mon ignorance quant à sa vie donc ce n’est pas un état d’esprit très positif ni enrichissant. Conserver ses objets n’a pas de sens car je n’en comprends pas l’importance et j’ignore l’histoire derrière la plupart d’entre eux. De plus, ils ne sont que source de regrets. Peut-être que l’idée de ne pas avoir de descendance me permet cette distance car je ne comprends plus le désir de garder tout cela car il n’y aura pas d’histoire à perpétuer. Si la difficulté de se débarrasser des objets personnels, porteurs d’une histoire familiale ou personnelle, est soulignée par les mouvements minimalistes de ces dernières années car cette histoire les rend précieux et complique la séparation, de mon côté, je sais que celle-ci aura une fin donc je relativise…

[Les objets] représentent une période de vie, une personne spécifique qui a donné l’objet. S’en séparer, c’est se séparer d’une partie de soi.

Christine Ulivucci.

Mais ce qui rend la démarche encore plus aisée, c’est ce que j’évoquais plus haut : l’absence d’enfants donc de responsabilité face à la transmission d’une mythologie familiale. Dans cette perspective, les objets se rattachant à cette histoire deviennent inutiles car ils ne seront transmis à personne sauf si quelqu’un veut ouvrir un musée sur la vie quotidienne au XXᵉ siècle. Autant ce moment de lucidité m’a permis de trier de manière plus efficace cet «héritage», autant il a mis en perspective mon rapport aux objets achetés ou acquis : je ne récupère plus rien qui ne se mange pas et je n’achète rien sans réfléchir longuement (minimum trois mois).

Le pouvoir des Ancêtres

Cette expression est un peu un running gag pour moi même si je lui donne également un sens très fort. Je ne crois pas forcément en un pouvoir surnaturel des ancêtres qui nous protégerait mais plutôt à un héritage moral (et physique, obvi) faites de leçons transmises, d’expériences et de souffrances vécues. Aujourd’hui l’étude de l’épigénétisme théorise l’effet des souffrances sur le génome et plus particulièrement sur «les gènes impliqués dans la gestion du stress et la réactivité aux évènements et la régulation des émotions» précise Ariane Giacobino, médecin généticienne (même si d’autres prennent plus de précautions) ce qui me conforte dans ma théorie du pouvoir des Ancêtres et dans l’idée que tout ce dont je devais hériter de mes ascendants est déjà en moi.

Si j’ai pu ou su accepter que ce que j’avais réellement hérité de mes parents et de ma famille était déjà présent en moi, c’est certainement parce que j’ai atteint une espèce de reconnaissance et de sérénité du côté maternel donc je cherche moins à compenser par le côté paternel même si j’ai encore du travail pour entretenir toutes ces relations de manière saine. C’est en rencontrant (enfin) des personnes qui me ressemblaient et qui pouvaient me raconter ou raconter mes ancêtres que le besoin de me fier à un éventuel déchiffrement des objets hérités m’est peu à peu apparu inutile. C’est pourquoi, je rends toujours hommage au pouvoir des ancêtres car il permet mon ancrage à une histoire et à une lignée et de ce fait je me sens moins marginal(isé)e

Quand je remercie ou loue les Ancêtres, ce n’est pas sous forme de rituel codé mais par des signes de ma gratitude et de mon respect d’avoir fait de moi ce que je suis, de m’avoir permis d’exister malgré les souffrances, les difficultés et pour certains de ne jamais avoir abandonné l’idée de mon existence. Le fait de se retrouver dans d’autres personnes liées à moi par des branches ancestrales a rendu tout ceci plus facile à comprendre et à accepter. #LesPambouDeLaCapitale #TeamKakmueka

Bilan d’une vie (au fait, lisez l’autobiographie de Kazantzakis, si vous êtes des êtres sensibles comme moi)

Daddy lessons

Ne pas se marier et ne pas avoir d’enfants : l’expérience était dure pour lui, on dirait…

Trust no one!

Le champagne, c’est la vie

Être fidèle à soi-même, une leçon par l’exemple.

Il faut obtenir son permis de conduire et faire une thèse (sorry paterfamilias, je n’ai toujours rien fait) 🤷🏽‍♀️

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